Regardez, admirez ce coeur se briser.
Prologue - Septembre 2006
Elle ne savait plus. Elle ne savait ni qui elle était, ni qui était l’homme aux cheveux clairs à son chevet. Il lui répétait, le visage ravagé de larmes qu’une certaine Emma était morte.
Elle pleurait aussi. Elle ne savait pas qui il était. Elle ne savait pas qui elle était. Il était un inconnu. Mais elle tout réapprendre, tout.
3 ans plus tard.
Cette fille, elle s’appelle Kay et elle a maintenant 19 ans. C’est une fille sombre, mais elle a pourtant beaucoup d’amis. Une certaine personne dirait qu’elle a le corp du christ. Lui, c’est Kurt, et il est son frère. Munit d’une patience infinie, il lui a tout raconté depuis l’accident. Sa vie. Leurs vie. Tout. Ou presque.
Ils ont une vie, des amis, un boulot.
Mais voilà, regardez, admirez : Lui, c’est Fred. Retenez bien ce nom.
Ce jeune noireau aux yeux d’un bleu indectriptible, d’un bleu électrique, d’un bleu vivant, qui drague Kay, va ressortir les démons de leurs passés, détruire leurs vie.
Mais Kay lui aura dit ses quatre vérités en face. Ces quatre vérités qu’elle ne connait pas.
Non, elle ne les connait pas. Car Fred avait fait parti de son passé et il n’était pas un coureur de jupon, comme elle le pensait.
Kay ne le réalisera qu’une fois qu’il sera parti, loin. Et pour toujours.
Sera-t-elle assez folle pour aller le chercher ? Ohh… ça oui.
Car cette fille, elle s’appelle Kay. Ses amis, son frère, viennent de la trahir. Fred, lui, il est parti.
Regardez, admirez : Son cœur. Son cœur vient de se briser. Son cœur est parti. Parti en même temps que Fred.Et maintenant, elle va partir. Elle va quitter son Job, quitter son frère, quitter sa vie pour le retrouver.
« Renoncer à toutes les vies possibles pour n’en choisir qu’une seule. »
A la recherche d’un remède.
Chapitre 1 – 25 avril 2010Dans un train, loin de Kurt. Loin d’Andrew, Gabrielle et Maël. Loin de Fred.
Kay s’était endormie depuis un moment, dans ce train. Elle n’avait pas de destination. Ou alors, sa destination, elle ne la trouvait pas. Elle ne trouvait pas Fred. Cela faisait 4 mois qu’elle était partie. Elle recevait régulièrement de l’argent pour manger, avoir un toit. Que ferait-elle sans Andrew, n’empêche ? Bien sûr, il avait exigé, en échange d’un revenu régulier chaque mois, qu’elle lui écrive au moins deux fois par semaines, pour savoir si elle allait bien etc. Car il tenait trop à elle pour qu’elle risque de faire le trottoir. Il avait été responsable d’elle et Kurt pendant toute leur vie, alors ce sentiment de responsabilité, il ne pouvait pas le lâcher du jour au lendemain.
Elle lui avait écrit deux fois par semaines, comme prévu, bien qu’Andrew trouvait ces lettres parfois trop courtes. Toujours trop courtes. Et c’était compréhensible. Car entre « Hier, j’ai cherché, Aujourd’hui j’ai cherché. Mais je n’ai rien trouvé. Kay.» ou « Rien à signaler. Kay. » Il ne savait rien de comment elle se sentait, ce qu’elle faisait exactement et où elle était. C’était parfois inquiétant.
La plus longue phrase qu’elle lui avait écrite était « les trains me soulent. J’en ai marre de tout ça. Mais bon. Tu crois que si je me laisse crever il viendra à moi ? Kay.» Très inquiétant, oui. Mais que pouvait-il faire ?
Kay avait vraiment marre de chercher. Elle qui avait toujours rêvé de voyager se retrouvait seule dans un train, trop soulée pour admirer le paysage.
Quand elle se réveilla, il y avait quelqu’un qui avait pris place en face d’elle.
- Qui t’as permis ? lui demanda-t-elle sèchement.
Il lui sourit. Elle détestait ce sourire. Elle détestait déjà ce mec. Il avait des cheveux blonds allant vers le brun à certaine mèches, qui donnaient un effet de châtain à ses cheveux. Comme ceux de Kurt. Kay grimaça. Il avait des yeux verts, comme Maël. Il avait des traits fins, comme James. Il était le portrait de la Trahison.
- Désolé, le train est plein. Tu as dormi pendant tout le chemin, depuis que tu t’es affalée ici.
Le timbre de sa voix était doux et il souriait doucement. Génial ! pensa Kay. Un ange ! Il me manquait plus que ça !
- Et qui t’as permis de me tutoyer ? continua-t-elle, toujours aussi sèche.
Il ria doucement.
- C’est toi. Je crois que tu étais vraiment inerte quand tu m’as parlé en entrant dans le train. Tu ne te souviens même pas de moi.
Kay grogna, pris sa veste et parti aux toilettes pour se rafraichir un peu le visage. Quand elle revint, le mec (au portait de la trahison) dormait. Enfin, c’est ce qu’elle croyait. Aussi étonnant soit-il, ce gars avait senti qu’elle avait besoin d’un peu de temps pour ravaler sa colère.
Quand il ouvrit les yeux, elle lisait. Il lut « Wuthering Height » sur la couverture du livre. Kay leva la tête vers lui.
- Mais qui t’es toi ? lui demanda-t-il gentiment.
- Trouve-moi un nom, appelle-moi comme tu veux. Répondit-elle, baissant les yeux sur son livre.
- Trop de mauvais souvenirs dans le passé, envie de partir pour oublier ? demanda-t-il en la fixant.
- Si je te dis que tu ne me connais pas, et tu ne saura jamais rien de mon passé, ça t’intéresse ?
- Je suis têtu et curieux.
- Rien à foutre.
Il resta silencieux pendant quelques secondes.
- Tu as une tête à t’appeler Lou, dit-il.
Kay frémit. La dernière personne qui lui avait dit ça était une fille qui avait crevé devant ses yeux. La scène lui repassa devant les yeux et son corps fut secoué par des tremblements.
- Hey ça va ? demanda–t-il, d’une voix teintée d’inquiétude.
Mais les tremblements ne cessèrent pas. Le mec se leva et lui prit les épaules en la secouant doucement, la regardant dans les yeux.
- Hey… Calme-toi, tu es ici, dans le train. Je ne te ferais pas de mal. Ne t’inquiète pas.
Mais les tremblements ne cessèrent toujours pas. Il prit maladroitement Kay dans ses bras maigres. Elle se débâtit doucement en silence, mais elle avait trop peur de tout ça.
Car durant ces quatre derniers mois, tout était revenu. Du début à la fin. L’accident compris. Elle se souvenait de tout. Et cet accident faisait peur. Emma lui faisait peur. Emma, cette fille qui s’était trouvée à ses côtés lors de sa course au dehors de l’hôtel, quand elle avait cru que Fred était un connard. Elle s’était sentie mal. Mais quand cette amie se retrouva à ses côtés au sol, sans vie, elle avait eu un sentiment qui n’avait pas eu de nom. Et ce sentiment revenait à chaque fois qu’elle pensait à elle. Ce sentiment où amour et haine, peur et terreur, culpabilité, se rassemblaient. Et ce sentiment était horrible. Il avait l’odeur de la mort, il était froid et noir.
Kay tremblait de plus en plus fort, se débâtit encore, jusqu’à ce que, cet inconnu, qu’elle ne connaissait pas, qui lui rappelait ses anciens amis, ces « amis » qui lui cachaient des choses, fasse tomber une barrière.
Il la consolait, la berçant doucement, à même au sol, dans le compartiment.
Cela faisait bientôt quatre mois qu’elle n’avait plus était rassurée. Et après un moment, après s’être débattue sans qu’il ne la lâche, elle comprit qu’il ne la lâcherait pas et, qu’en fin de compte, elle avait besoin d’être rassurée.
Et c’est à partir de ce moment qu’elle s’accrocha à lui, comme on s’accroche à une bouée de sauvetage.
Mais où cela mènera-t-il?
Confession à une inconnue.
Chapitre 2 - 12 Juin 2010
Kay, Dans un Bled paumé aux environs de Paris
Il y a 2 mois qu’elle s’était réveillée chez une fille qu’elle ne connaissait pas, mais qui l’a hébergée jusque-là.
Kay lui était reconnaissante, bien sûr. Mais cette fille est mystérieuse. Elle cache sûrement quelque chose. Elle est trop joyeuse, pétillante.
Ou alors c’est juste parce que Kay ne supportait pas ses boucles d’or, ses prunelles brunes. Son nom.
Elle s’appelait Emmanuelle. Mais tout le monde la surnommait Manue.
Elle n’avait rien de spécial. Elle bossait dans une petite boutique. Elle avait de parents respectables. Des amis qui fumaient de l’herbe, mais elle pas.
Elle cachait quelque chose. Car personne ne peut être si normal. Pas pour Kay.
C’est comme ça, qu’en ce 12 juin, Kay décida de la faire parler. De la cuisiner.
Manue avait fait la cuisine silencieuse comme tous les soirs. Et Kay la regardait faire.
L’atmosphère était incroyablement étrange dans le petit appartement.
Ces deux filles ne se connaissaient pas, et ne cherchaient même pas à meubler la conversation. Pourtant, ni pour l’une, ni pour l’autre c’était dérangeant. Manue coupait la salade, le dos tourné à Kay. Quand celle-ci prit la parole, elle sursauta.
Et ce soir là, Kay, qui n’avait, jusque-là jamais essayé de faire une chose pareille dans sa vie, commença une monologue qui dura longtemps.
- Je sais pas comment le dire. C’est bizarre de me retrouver ici, je pense bien que tu est une amie de cet ange du train, mais pourtant tu ne me demande rien. Juste de rester. Alors je vais rester. Et je vais te raconter qui je suis.
Il ne faudra ni que tu me coupe, ni que tu raconte à quiconque ce que je vais te raconter. Je n’ai encore jamais fait confiance si naïvement à quelqu’un dans ma vie. C’est puéril. Mais je veux savoir qui tu es. Alors je pense que tu es dans la même situation. Donc je vais commencer.
Manue se retourna alors pour s’asseoir sur le canapé, près de Kay, laissant derrière elle la bonne salade qu’elle avait commencée.
- Mon Nom est Katherine. Je ne connais pas mon nom de famille. Mais on m’a toujours appelé Katherine Kaspar.
Je suis née le 27 février 1990, d’une mère qui n’avait pas les couilles de m’élever et d’un père trop intéressé par le fric. Il s’est fait tuer par un gangster, un mafieu, j’en sais trop rien. J’avais un an. Je m’en souviens vraiment pas. Même si j’allais hériter tout le fric de mon père, on m’a foutu dans un orphelinat pourri. Je me souviens de rien de tout ça. J’étais trop petite.
Mon premier souvenir que j’ai, c’est Kurt. J’ai grandi avec lui. Il me protégeais toujours et ne me lâchait jamais, pas d’une semaine. Nous étions tellement proches que ce n’était pas difficile de nous faire passer pour des frangins. Il y avait une personnes pour environs 8 enfants, mais quand Andrew ne s’occupait pas de Kurt et moi, je ne pouvais plus rien avaler, alors on me punissait dans la chambre sombre. Elle était minuscule et il n’y avait ni lampe, ni chaise, ni fenêtre. Alors, Kurt semait toujours les tuteurs pour venir m’ouvrir la porte. Finalement, ils ont installé une serrure, et à partir de là, Kurt s’asseyait toujours de l’autre coté de la porte pour me calmer.
Parce que je flippais dans cet endroit, c’était effrayant. Et puis Andrew revenait et il m’ouvrait, même derrière le dos de son patron. Il était contre cette façon d’éduquer, mais que pouvait-il faire? il avait besoin de son boulot, besoin de fric. Il était le seul à nous soutenir, Kurt et moi. et puis… Il était malin. C’est vrai que c’était pas tout rose là-bas. Alors lui a décidé de se tenir à carreau au boulot. Il gagnait bien et il habitait pourtant chez la vieille voisine. Et puis, les années passées, il était bien friqué et puis, il a attaqué le boss en justice. Il a gagné. Il y avait assez de preuves: il y avait des gosses qui étaient battus.
J’avais été battue aussi. Kurt, lui, n’avait reçu qu’une gifle. Une fois. Quand il m’avait défendu.
- Je suis désolée que t’aie eu à subir ça.
- Tu m’as interrompu, lui lança Kay.
- Désolée.
- Donc. Kurt. Kurt était un petit garçon aux cheveux châtains et aux yeux rieurs. Il jouait de la guitare, car c’était tout ce qu’il lui restait de sa famille. Il était mon opposé. Moi, j’étais la petite fille sombre aux yeux tristes. Maladroite, vulgaires étaient les rares mots qui sortaient de ma bouche. Mais quand Kurt jouait de la guitare, quand nous étions seuls, à Ouchy, près du lac, dans notre cachette, seulement alors sortaient de ma bouche de belles paroles. Ou alors elles pouvaient être incroyablement vulgaires, mais ma voix n’en donnait pas l’impression. Et puis, un jour Andrew m’a entendu. Il est venu et a fait en sorte que nous ayons une petite chambre à nous, car il savait bien que je ne chanterais devant personne.
Et puis, j’ai grandi. Ah mais non, avant je te raconte l’histoire de Kurt.
Kurt Kaspar. Né en avril 1990 à Seattle en Amérique, d’un père et d’une mère fanatiques à un tel point qu’ils l’ont abandonné. Ils l’ont abandonné chez les voisins. Des riches. Ces riches-là, après avoir essayé de retrouver ses parents, l’ont envoyé en France dans un internat reconnu, et puis, ils lui ont légué du fric sur un compte en banque où il ne touchera rien jusqu’à ses 18 ans. Et puis, ils ont coupé les ponts. L’internat a cramé, et le gosse n’avait que eu le temps de prendre sa guitare. C’est dans celle-ci que se trouvait ses papier importants. Mais ça… personne ne le savait. Même pas lui. Et puis, on l’a mis dans un orphelinat, ¨provisoirement¨. Mais ce n’est qu’en Avril 1994 qu’ils ont retrouvé la trace de son père, Daniel Kaspar. Mais ça ne servait pas à grand chose. Il s’était suicidé. Peu après la mort de son idole. Pathétique.
Sa mère à disparu depuis là, mais on soupçonne à un gang de l’avoir tuée, puis jetée dans un lac.
Ce qui lui restait, c’était sa guitare et donc, ses papiers. Et il lui restait moi, aussi. Et Emma.
Cours à ta perte.
Chapitre 3 - 12 Juin 2010
Kay, Dans un Bled paumé aux environs de Paris
- Emma était une fille joyeuse. On la connaissait parce qu’elle avait voulu jouer une fois avec nous. On s’était bien entendu et puis, une chose entrainant une autre, nous sommes devenus meilleurs amis. Andrew nous laissait souvent aller chez elle. Et puis, un jour, la mère d’Emma a demandé à voir Andrew.
Elle l’avait juste invité au gouter. Elle connaissait notre passion pour la musique. Elle jouait du piano. Elle m’en avait appris. De même qu’à Emma. Un jour, alors qu’Andrew venait avec nous pour la 20ème fois, nous sommes arrivés chez Emma. Mais elle était seule. Elle pleurait, mais impossible de savoir pourquoi. Et puis, sa tante nous a rejoint. Elle nous a annoncé la mort de sa sœur, la mère d’Emma. Elle s’appelait Elena Casablanca. Elle est morte d’un accident de voiture.
Et puis, elle a été placé sous la garde de sa tante. Elle détestait sa tante. Et entre-temps, Andrew a remis l’ordre dans l’orphelinat. Le directeur a été viré, et Andrew a repris sa suite. Il a acheté une grande maison en face de l’orphelinat. Et, sans dire un mot a personne, il y a emménagé une chambre pour Emma, Kurt et moi. Quand Emma disparaissait, ce n’était qu’au bout d’une semaine que sa tante le remarquait, donc elle passait tout son temps dans cette chambre, avec nous.
Je crois que c’était les plus beaux jours de ma vie. Et ça a duré longtemps. Quand Andrew a emménagé en face,j’avais 10 ans. J’avais vécu 10 longues années sombres et froides, où beaucoup de proches sont décédés. Ma seule petite lumière était Kurt. Et puis après son emménagement, pendant six ans, c’était le bonheur. Emma était là. Kurt était là. Andrew était là. Ils étaient ma famille et je leurs faisais confiance. Ils m’avaient promis de ne jamais m’abandonner. J’étais toujours cette fille sombre, mais je souriais plus souvent, je me sentais mieux.
Et puis, à 17 ans, nous avons voulu notre indépendance. Andrew nous a laissé tranquilles, ils nous a gâtés, car maintenant il en avait les moyens. Il nous a acheté un appart, et nous a passé du fric aux premiers mois. Et puis, on a du se démerder. Et puis… On a trouvé du boulot dans un bar-lounge, après avoir sympathisé avec les voisins. C’est comme ça qu’on a connu Gabrielle, James, Paul, Maël, bref, plein de monde. Et on est devenus très proches, et c’était peut-être le moment où j’étais la plus heureuse. Enfaite, le moment le plus heureux de ma vie, c’est quand nous avons récolté tout l’argent qu’on avait économiser pour aller en vacances faire la fête. Tous ensemble. Carnaval 2006. En février.
Je me souviens pas très bien où c’était, et ça, tu vas comprendre bientôt pourquoi.
Nous sommes allés dans un endroit incroyable. C’était sur le toit d’un immeuble, c’était bondé de gens déguisés. Il y avait un bar aussi. Et puis, j’ai rencontré Fred. Il m’avais accosté, et nous avons discuté une bonne partie de la nuit. Et puis, on a dansé. Je me sentais bien avec lui, même si c’était tout nouveau, je me sentais toute chose, mon sourire, qui lui, était si rare, ne s’effaçait pas. Et puis, vers 5 heure du matin, on nous a fait descendre l’immeuble. Kurt me portait, j’étais trop morte pour descendre les escaliers. Et puis, quand on est arrivés en bas, il n’y avait pas un chat à nulle part. Fred et ses amis nous avaient rejoins et on est partis pour aller chercher le petit déjeuner. Imagine la scène: 20 jeunes de 16-17 ans, complètement défoncés, marchant en plein milieu de la route. Pff, c’était le grand n’importe quoi. On chantait les vieilles chansons De the cure et puis… James a commencé à chanter spitfire de the prodigy, avec les rythmes. Tout le monde s’y est mis et c’était à filmer. Hilarant. Et puis, Kurt a couru devant, a enlevé son T shirt et a crié le début de la chanson AAaaAAaaAAaaAAaa. houu houu houuu houuuuuuudoudoudoudou. C’était à mourir de rire. Et puis, La chanson finie, Fred a commencé a chanter Don’t forget me, des Red Hot Chili Peppers, à tue-tête. Il avait une voix magnifique. Quand tout le monde chantait, sans que personne le remarque, il a pris ma main. Et je me suis sentie toute petite, toute heureuse. Pour la première fois de ma vie. J’en avais des frissons. Et, cette main, il ne l’a plus lâché. Quand Emma a vu ces deux mains scellées, elle m’a sourit et a couru prendre celle de Kurt. Ils n’avaient jamais vraiment rien montré devant moi, ils se retenait. C’était peut-être parce qu’ils croyaient que j’aimais Kurt, j’en ai aucune idée.
Kay sourit bêtement, les larmes aux yeux.
- Ils étaient tellement parfaits, ensemble. C’était un couple que j’aimais tellement. Ils étaient ma famille. Ma Famille. Et puis, arrivés à la boulangerie, Fred a été frapper à la porte de derrière. Le boulanger est sorti et il avait l’air content de le voir. Fred nous a présenté. Le boulanger était son oncle. Il nous a fait un café et beaucoup d’eau. Il nous l’a amené dehors, parce qu’on étais trop pleins de confettis et que la petite table qu’il y avait dedans était trop petite pour 20 personnes. Il était très gentil, mais il est bien vite reparti travailler. Nous lui avons rendu les tasses et nous sommes parti trainer autre part. On est passés à l’auberge de jeunesse (ou le refuge, ou ce que tu veux) pour se laver et faire une sieste. Fred est parti chez lui prendre un douche et il est revenu à 9h tapantes. Il nous a fait visiter un énorme pont, et pleins de trucs. Et puis, on a été à un festival qui se déroulait la journée. Fred a passé le reste de notre séjour avec moi. 5 jours, où les nuits étaient courtes. Très courtes. Et ses amis sont partis, lui est resté. Et la plupart des gens ont du repartir pour le boulot, et nous n’étions plus que 7. Maël, Emma, Kurt, Emilie, Jim, Fred et moi.
Et puis, Maël a fait une crise de jalousie. Je me suis engueulée avec lui. Il m’aimait bien. Mais il ne faisait pas le poids face aux yeux de Fred. J’étais folle de lui. Et je le suis encore, malgré tout ce qui s’est passé. Et puis, il a passé la nuit avec moi. Et le lendemain, je me suis réveillé et Fred n’était plus là. J’avais que 17 ans, mais on m’avait déjà tellement abandonné. J’ai flippé. J’étais folle de lui, je voulais pas qu’il parte. Il était midi. Je suis descendue en courant. Tout défilait en moi comme un rêve. Je ne pouvais pas y croire. C’est comme si je me regardais, courir à ma perte dès le début et à la fin, courir après ce mec en chemise de nuit, à pieds nus, en plein ville. Et, une chose entrainant une autre, je me suis retrouvée, dans cette ville dont je ne sais plus le nom, en chemise de nuit blanche et long manteau noir, à terre, inconsciente, ma meilleure amie me secouant et pleurant de toutes ses forces.
Voilà! Encore un peu plus sur Kay, mais la suite sera dans le prochain chapitre. Bizu!
Caresses interdites, incompréhension et chanson gravée.
chapitre 4 - 12 Juin 2010Kay, même endroit, même personne.
- J’ai eu le malheur de traverser la route en courant, mais mes yeux inondés de larmes n’avaient pas vu la voiture qui arrivait droit sur moi. Le chauffard m’a vue, mais un peu trop tard. Il allait trop vite, beaucoup trop vite pour aller en ville. me voyant, il a freiné brusquement, m’a fauché sur le coté, et, moi qui me trouvais à droite du conducteur, je me suis retrouvée à sa gauche, après avoir passé par dessus son toit. Lui a continué encore son dérapage jusqu’à ce qu’une voiture lui fonce dedans. Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, le conducteur, ou devrais-je plutôt dire la conductrice, était Emma. Elle était avec Maël, Gabrielle, Jimmy et Émilie. Malgré le choc, ils sont ressortis aussitôt, après m’avoir vu au sol. Emma a couru, s’est jetée sur moi et essayait de me réveiller. Jimmy est venu en courant pour qu’elle me lâche, car ils ne savaient pas si j’étais blessée. Les secours sont venus. Après Kurt. Et… Fred y était aussi. Quand l’ambulance est venue, les ambulancier m’ont emmenés et ont demandé à Fred s’il voulait venir. Mais il a dit que Kurt devrait y aller. Kurt est parti avec moi. Fred nous a suivis. Emma, qui était toujours sur les lieux de l’accident, observait la mare de sang qui était devant elle. Je ne sais pas ce qu’elle avait en tête.
Kay sourit à nouveau. Un sourire débordant de larmes et de tristesse.
- Personne ne savait ce qu’il lui passait par la tête. Elle s’est accroupie devant cette mare, pleurant de chaudes larmes et elle ne se laissait approcher par personne. Si quelqu’un avait le malheur de s’approcher, elle criait qu’elle allait se suicider s’ils ne la laissaient pas en paix. Elle criait, elle frappait. Et puis, Maël est venu. Il a d’abord posé la main sur son épaule, en lui répétant que tout allait bien se passer. Puis, il l’a pris dans ses bras. Et, petit a petit, il l’a assise sur le brancard et un ambulancier lui a mis un truc autour de cou. Et puis, ils l’ont allongé. Elle s’est laissée faire. Et puis, elle s’est mise à délirer. Elle a crié une fois. Une dernière fois. Une longue phrase. Elle a crié qu’il ne fallait pas que je lui en veuille, mais qu’elle nous aimait, et qu’elle entendait Cobain. En fin de compte, je sais pas vraiment si elle délirait, mais bon. Et puis, elle a fait une hémorragie interne. Elle ne s’est jamais réveillée. Celle qui s’est réveillé, c’est moi. Mais qu’après six mois de coma suivi d’une opération à cause d’une séquelle qui m’est restée, qui a fait que je ne me souvenais pas de tout. Mais je me souviens de tout maintenant. Je me souviens même de la patiente qu’avait Kurt pour me rappeler tout ce qui c’était passée, encore et encore. Et puis, il m’a annoncé plusieurs fois la mort de ma meilleure amie, mais je savais pas qui c’était. Quand je me suis réveillée de l’opération qui a suivi j’ai réalisé qu’elle était importante, tout comme Kurt, mais c’est tout. Et puis, ils m’ont répété encore et encore l’histoire d’un rêve lointain et flou. Et puis, encore 4 ans après l’accident, je rêvais la nuit, d’un corps contre le mien, de caresse d’une main douce et d’une chanson. Et a chaque fois que je me réveillais, je me sentais si seule, alors que je savais bien que Kurt était là. Alors, je pleurais jusqu’à ce que Kurt vienne et me prenne dans ses bras, se couche à mes côtés en me chantant une chanson de bonne nuit. Mais, j’avais beau lui parler de ce rêve, il ne m’a jamais avoué que c’était Fred. Fred qui était resté à mon chevet, très longtemps, jusqu’au jour où Maël l’a tabassé et qu’il a fini à l’hôpital, après avoir traversé une fenêtre. Et à mon chevet, il parlait. Je m’en souviens pas vraiment, car quand il parlait, je ne comprenais pas ce qu’il disait, comme si on ne me laissait pas. J’avais pas le droit de l’écouter, mais à chaque fois qu’il venait, je me sentais si heureuse, que c’est peut-être pour le retrouver que je me suis réveillée. Kurt l’aimait bien. C’était un type bien. Au chevet de mon lit, il y avait la guitare de Kurt à disposition. Kurt y jouait souvent. Des chansons de nirvana.
Un jour, Fred était là, seul, et je sentais, comme toujours en sa présence, le réconfort de ce qui comptait. Une raison.
Et il a pris cette guitare, et je l’ai entendu. distinctement. Et c’était… tellement beau. Il a écrit une chanson, à mon chevet. Il a improvisé. Et il a dit, quand il est parti malgré lui, à Kurt de me chanter cette chanson. Je la connais par cœur maintenant. Si on fait vraiment attention aux paroles, c’est sûr qu’on se dit que ça a bien avoir avec moi et lui et Maël. Ou la mort. Jsais pas.
- Chante-la moi. Je veux l’entendre. Et toi aussi, je veux t’entendre.
Manue ne savait pas si Kay savait la jouer, mais elle tenait vraiment à entendre cette voix, si prometteuse.
Kay partit dans sa chambre, pour revenir avec une guitare.
- Katie, don’t cry, I know, you’re trying your hardest, and hardest part is letting go.
Katie, ne pleurs pas, parce que je sais que tu fais de ton mieux et que le plus difficile est de laisser partir.
Of the nights we shared, my home is calling and you know it’s haunting,
Les nuits que nous avons partagés, ma maison t’appelle et tu sais qu’elle est hantée
But compared to your eyes, nothing shines quite as bright
Mais comparé à tes yeux, rien ne brille autant
And when we look to the sky, its not mine, but i want it so
Et quand nous regardons le ciel, il est pas mien, mais je le voudrais tellement.
Let’s not pretend you’re alone tonight. I know he’s there.
Alors ne prétends pas que tu es seule ce soir. je sais qu’il est là.
You’re probably hanging out and making eyes while across the room, he stares.
Tu t’accroche et tu me fais les yeux doux, alors qu’il attends dans la pièce d’à côté.
I bet he gets the nerve to walk the floor,
Je parie qu’il a le culot de d’aller sur la piste
And ask my girl to dance, and she’ll say yes
et de deamander à ma femme de danser, elle elle dira oui.
Because these words are never easier for me to say
Car ces mots ne me seront jamais à dire
Or her to second guess
ou pour elle.
But I guess
Mais je suppose
That I can live without you but
Que je peux vivre sans toi mais
Without you I’ll be miserable at best
Sans toi je le mieux que je peux être, c’est misérable.
You’re all I hoped I’d find
Tu es tout ce que j’ésperais, j’ai trouvé
In every single way
Dans n’importe quel chemin
And everything I could give
Et tout ce que je peux te donner
Is everything you couldn’t take
Est tout ce que tu ne peux pas prendre.
Cause nothing feels like home, you’re a thousand miles away
Car rien ne me semble familier, tu es à des centaines miles d’ici
And the hardest part of living
Et la chose la plus dure dans cette vie
Is just taking breaths to stay
C’est simplement de respirer pour rester
Because I know I’m good for something
Parce que je sais que je suis bon à quelque chose
I just haven’t found it yet
je n’ai juste pas trouvé quoi
But I need it
Mais j’ai besoin d’une raison.
Et Manue pris dans ses bras cette inconnue. Elle se sentais si bizarre. Il y avait si longtemps qu’elle n’avait pas pris quelqu’un dans ses bras.
Histoire désastreuse
Chapitre 5 - 12 mars 2011
Lettre d’Emmanuelle à Katherine
12 mars 2010, JoignyChère Katherine,
Ce soir-là, tu m’as tout révélé. Tu m’as ouvert la porte, ouvert les yeux sur un monde rempli de souffrance et de haine.
Ce soir-là, j’ai partagé ta peine. J’avais eu, jusque-là, un vie normale, comme je te l’avais raconté.
Dans mon enfance, j’ai moins souffert que toi.
Mais ce soir-là, j’ai su qu’en m’ouvrant la porte de ton cœur, tu m’ouvrais une porte que tu n’avais probablement qu’à Emma jusque-là.
Et ce soir-là, j’ai su que nos vies allaient changer, et je savais que la tienne allait être belle et heureuse,
alors qu’importait si la mienne serait encore semée d’embuches et de souffrances.
Parce qu’à partir de ce soir là, j’ai su que tu serais à mes côtés, pour un moment.
Mais s’il te plais Katherine, chante-moi encore cette chanson qui a fait tomber toutes les barrière entre nous, et qui, aujourd’hui, séparera probablement nos chemins.
Je n’aime pas la façon dont Fred la chante. Il y met trop de haine.
Et cela montre que tu dois encore souffrir ce soir… Souffrir une dernière fois?
Kate, tu est la héroïne de mon histoire.
Mais mon histoire est-elle un désastre?
FRED?
Chapitre 6 - 9 octobre 2010
Kay et Manue, Joigny.
Après avoir enfilé ses chaussures et ordonné à Kay de faire de même, elle sorti une cigarette de son paquet et la pris en bouche.
- Ok, alors ce soir, tu accepte chaque défis que je te ferais. Et moi aussi, j’accepterais les tiens. Et je fumerais pas de joint, ce soir. Un deal pour un deal.
Manue tendit sa main à Kay qui la serra aussitôt. Elle aimait les défis.
Mais qui aurait cru qu’une fois sorti de la vieille ville, Joigny serait si agité?
Des lumières, des jeunes, beaucoup de jeunes, bourrés, vommissants, des couples en chaleur, partout.
Manue ne lâchait pas le bras de Kay.
L’air était frais, il y avait un léger vent refroidissait la foule bouillonnante
Dans toute cette foule, un mec en skate slalomait entre les gens.
Sous sa chemise à carreaux rouge et ouverte, un marcel gris. Ses manches retroussée laissaient découvrir des tatouages. Beaucoup de tatouages.
Il portait un bonnet gris recouvrant des cheveux sombres, longs et lisses. Sous ces cheveux, des yeux brillants de malice et un énorme sourire munit d’un piercing au coin des lèvres. Il avait aperçu Manue et Kay. Enfin.
Il s’arrêta de Manue, attrapant son skate, il rigola.
- HAHA! Je t’ai retrouvé! Plus besoin de me fuir!
- Mais jte fuyais pas, tête de con!
Il soupira.
-Viens dans mes bras ma chérie, tu m’as tellement manqué.
Il prit Manue dans ses bras en lui déposant un baiser sur sa joue. Puis, il se tourna vers Kay.
-Et toi, T’es Kay!! Ahh! Comme je suis fort! Tu vas pourvoir me supporter… jusqu’à la fin de ta vie.
Son sourire s’élargit encore, pendant que Kay regardait son amie d’un air interrogateur.
- Il va rentrer chez lui… chez moi. MAIS TOI TU RESTES! Dit Manue,
- Je crois bien que le jour où je fuguerais de chez toi, tu me trancheras la gorge et repeindra les murs avec mon sang.
Manue fit mine de vomir alors qu’Adam s’exclama: Hm… Délicieux.
- Bon toi le gosse aux cheveux trop longs, t’es qui?
- Adam. Et si tu veux, moi je veux bien repeindre la baraque.
- Ta gueule, bande dessinée, rétorqua Kay.
- Ah… on va bien s’entendre.
- Oui c’est sûr.
Kay sourit malgré elle.
- Bon, on y va? Adam.
- Let’s go, s’écria Manue.
Ils entrèrent dans un club, rejoindre trois potes, Bob, Damien et Jérémie.
Quand Kay et Manue se retrouvèrent seules deux secondes, Manue glissa à Kay un premier défi. Réussir à sponsoriser toute la soirée à elle et Manue.
- Trop simple!
Ce fut, en effet très simple pour Kay, après un peu de ”Discussion”, le barman lui promit une soirée gratuite.
Et comme d’habitude, Bob faisait chier à Kay, petite Suisse en France, ça fait mal.
- Bon tu sais quoi? Je t’ai préparé un petit truc spécial de chez moi. Tu vas voir qu’est-ce qu’on boit comme alcool, nous les suisses.
Elle demanda au bar man de lui apporter six verres à shot. Elle sorti de son sac une petite bouteille de Carmol* pour verser les deux moitiés dans les verres. Elle remit la bouteille dans son sac et prit les deux verres, et se distribua les verres à tout le monde, le sourire au lèvres. Ils ne savaient pas ce qu’ils les attendaient.
Tout le monde trinqua, et ils burent cul sec.
Kay buvait souvent du Carmol avec Jim, comme ça, pour avoir un truc bien fort. Quand elle regarda autour d’elle, après avoir bu, elle vit les grimaces des autres et ne pu s’empêcher de rire.
- A ce point?
- AAAAHHHH! Je sens l’air de la montagne jte dis! S’égosilla Bob.
La soirée commençait bien. Et puis, de verre en verre, de shot en shot, tout devenait plus flou, plus hilarant. Kay déchira malencontreusement la chemise d’Adam, c’est tout ce dont elle avait eu conscience. Le temps passa.
Elle se leva pour aller aux toilettes, chancelante, risquant de tomber plus de trois fois en chemin. Manue la rattrappa. Elle entrèrent dans les toilettes, Manue entra dans les chiottes, pendant que Kay s’humidifia le visage et bu de l’eau à longs traits.
Quand Manue sorti, elle se fouta de la gueule de la gamine qui vomissait dans les chiottes: Elle n’avait presque rien bu. Elle se mouilla le visage elle aussi.
- J’ai bien relevé mon défi, maintenant, c’est à toi. Tu dois te faire embrasser par un mec, sans rien lui demander, dit Kay.
- HA! Sooo simple!
Elle prit Kay par le bras et la tira hors des toilettes. Elle dit un signe de la main à ses amis (ou plutôt à ce qu’il en restait) et parti en entrainant Kay au dehors. Elles sortirent si vite que Kay en perdit l’équilibre et tomba presque (une nouvelle fois). Manue lui lacha le poigné. Elle alluma un cigarette et regarda un mec qui passait par-là.
-Hey! Toi là! Viens ici.
Le mec n’était plus très sobre lui non plus. Il vint vers Manue, mort de rire.
- Je veux que tu m’embrasse.
- Mais tu sais pas qui je suis HAHAHAHA,
Il se marrait tout seul, son articulation était très limités. Mais Manue le regardait sérieusement.
- Embrasse-moi, tête de con, je sais que tu meurs d’envie.
Il arrêta de rigoler, et se pencha vers Manue pour l’embrasser. Une fois leurs lèvres touchée, elle le plaqua contre le mur et l’embrasser plus sauvagement., histoire de le laisser sur le cul. Et puis, elle attrapa la main de Kay et parti en vitesse, morte de rire.
- T’as triché!
- Noooo! Je ai pas posé a question! Just nobody peut me résssster! HAHHAHAHAHAHA.
Manue avait de plus en plus de mal avec le français, mais Kay la comprenait toujours. C’était pas la première fois qu’elle la voyait saoul.
- Maintenant… c’est a toi. Toi te faire embrasser un mec…
- WAZAAAAAAAAAAAAAA!
Adam arriva en courant et prit Kay et Manue bras dessus bras dessous.
- ….sans rien dire. NOTHING RIGHT?
- J’ai pas le choix je pense. HAHAHHAHAHAHAHAHAHAHA.
Kay se foutait de la gueule d’Adam, il avait un énorme suçon sur l’épaule… et elle avait remarqué qu’il lui manquait quelque chose.
- HAHAHAHA.
- Quoi?
- T’as ouublié ton skaaaaaaaaaaaaaaaate HAHAHAHAHA.
- Merde.
Il parti sens inverse en courant, et bien sûr, s’étala de tout son long sur l’asphalte. Il se releva, avec peine, mais assez vite.
- J’ai rien, j’ai rien!
Kay et Manue étaient mortes de rire. […]
Les rues étaient sombres, il n’y avait pas un chat. Manue et Kay se serraient l’une contre l’autre. Il faisait froid. Il était 5 heures du matin.
Arrivée devant leur bâtiment, Manue dévérouilla la porte d’entrée. Kay remarqua un chat six mètres plus loin. Elle s’approcha silencieusement de lui pour le caresser. C’était un beau matou gris. Il ronronnait.
Elle se releva, se retourna et cria.
Son cri fut cependant étouffé par les lèvres de l’inconnu. Kay fut d’abord effrayée, et puis… elle s’accrocha lui, lui rendant le baiser. Son coeur battait très vite, le sang lui battait dans les tempes, son ventre était crispé. Quand leurs lèvres se séparent, il la prit dans ses bras. Kay resta d’abord figée, puis le serra contre lui. Mais ce n’était pas un inconnu. Elle le connaissait. Sa veste en cuire, son odeur lui était familière. Très familière. Ses genoux tremblaient. Ils restèrent un moment ainsi. Et puis… elle parla, d’une voix enrouée et tremblante.
- Fred?
Il l’embrassa à nouveau et…
Un flash.
Et Kay se retrouva seule dans la rue.
Retour à la réalité.
Chapitre 7 – 10 octobre 2010 Kay et Manue, à l’appart, Joigny, avec Adam
- Putain, je te jure que c’était lui !
Kay était énervée : Manue ne la croyait pas.
- You were drunken !
Des engeulades au petit déjeuner, ce n’était pas la meilleure chose pour commencer la journée.
- Tu étais juste crevée et tu ne supportais pas l’alc accumulé pendant la soirée.
- Ce n’est pas ça ! Je te jure ! Je l’ai vu, il m’a embrassé.
- Make a fresh start ! He’s a stupid bastard !
Kay rabattit son poing sur la table, faisant trembler tous les couverts qui s’y trouvaient.
- SHIT !
- MAIS QUI TE PERMET DE LE TRAITER DE CONNARD ?
- HE ‘S GONE !
- Je l’ai envoyé balader !
- He’s a fucking crowardly bastard ! He had to stand up to you !
Adam toussa pour qu’on remarque sa présence. Dans sa main, les factures et le journal qu’il venait d’aller chercher.
- Em’s… She’s right.
- YOU’RE WRONG !
- Ne me crie pas dessus. Cette preuve suffit, non ?
Il jeta la photo polaroïd qu’il avait trouvé dans la boite aux lettres sur la table. Il but une gorgée de café, observant la réaction de Manue. Elle regarda la photo, ouvrit la bouche et se leva avec colère. Elle prit son assiette et la jeta dans l’évier.
- Fuck.
Elle s’appuia sur l’évier, secoua la tête et se retourna vers Adam.
- Adam, you’re an idiot. Why did you do that ?
Il resta silencieux. Kay, elle, resta figée devant l’image. Elle s’y faisait embrasser. La photo était floue, mais on voyait bien les sombres cheveux de Fred. La photo était floue, mais Kay était persuadée que c’était Fred.
Elle attrappa la photo, enfila un manteau, des bottes et sorti. Quand elle ouvrit la porte, Manue cria :
- See on it that the story dosn’t finish like’ last time. Kate… J’tiens à toi.
Elle claqua la porte et dévala les escaliers.
Kay pleurait.
De joie.
Fred était revenu.
Elle couru.
Fred était revenu la chercher.
Elle ralenti.
Pourquoi n’est-il pas resté ? La peur lui prit le ventre.
Où était-il ?
Elle s’arrêta. Les larmes prirent une autre tournure.
Etais-ce vraiment lui sur la photo ?
Vers où était-elle en train de courir ? Où allait-elle ?
Kay se laissa glisser le long d’un mur, pleurant de chaudes larmes.
Fred n’allait pas revenir, sinon, il serait resté. Et elle ne pouvait pas retourner chez Kurt, il ne lui pardonnera jamais d’être partie.
Fred ne reviendra pas. Pas vers elle. Celle qu’il aimait était une fille plus au moins normale.
Mais Kay n’était plus cette fille, il fallait l’accepter. Son bonheur était fichu : Fred ne reviendra pas.
Mais elle essayait de voir le bon côté des choses : Il restait Manue. Manue qui l’aimait et l’acceptait comme elle était : détruite.
Elle se sentait pathétique. Mais que dire ? Son bonheur, c’était du passé. Il fallait l’accepter. Sa vie était fichue.
Mais le malheur pouvait bien s’acharner sur elle, elle pouvait bien être une épave, une alcoolique, une droguée. Manue resterait de son côté.
Et même si Fred revenait, Kay restera a jamais une épave détruite. Et lui ne l’aimerait pas comme ça, il ne pourra pas.
La nuit tomba, les lumières s’allumèrent. Un vent froid se leva.
Pourtant, des roues de skate résonnèrent.
Kay n’y prêta aucune attention.
Elle ne sentait plus rien. Il était écrit quelque part que Fred et elle ne seraient jamais longtemps ensemble.
Le skateur s’arrêta devant elle et lui tendit la main. Des prunelles brillantes et un sourire confiant étaient venus la chercher.
Kay considéra la main sans bouger. C’était Adam.
Comment Adam est devenu son ami.
Chapitre 8 – 10 octobre 2010
Elle ne bougeait pas. Il s’assit à côté d’elle, but une gorgée de sa bière et la tendit à Kay, mais elle ne bougea pas, les yeux toujours fixés devant elle. Il s’adossa au mur, reprit une gorgée avant de commencer.
- J’ai eu… quelqu’un au téléphone. Quelqu’un qui s’inquiète pour toi.
Kay demeura silencieuse. Adam se tourna vers elle, la regarda dans les yeux.
- Je lui ai dit que tu allais bien, même si je sais très bien que c’est pas le cas. Tu sais, Manue s’inquiète pour toi, et à vrai dire… Moi aussi.
Il s’empara de la photo et la déchira. Mais Kay restait de marbre.
- Ce n’était pas Fred, et tu le sais autant bien que moi. C’est sûr, je ne le connais pas, je ne sais pas ce qu’il y a entre vous deux, je ne l’ai jamais vu. Je sais juste que tu aimerais qu’il soit là. Et c’est juste une déduction. Mais Manue te connais bien, maintenant. Et elle sait quand tu mens, même quand tu te mens à toi-même. Ce n’était pas Fred.
Un larme coula sur la joue de Kay, Adam l’essuya. Une seconde coula, et il refit le même geste, mais Kay le repoussa violemment. Adam ne bougea pas, retira simplement sa main. Il soupira, en s’appuyant sur le mur.
Il n’aurait jamais imaginé faire ça. Mais si ça l’apaisait, tant qu’à faire. Il ferma les yeux et se mis à chantonner.
- What else should I be?
Kay sursauta. C’était la chanson que Kurt lui chantait quand elle n’arrivait pas à dormir.
- All apologies.
Elle ferma les yeux à son tour.
- What else should I say?
Elle posa sa tête sur l’épaule d’Adam. Elle sanglotait, pendant que lui chantait, cette chanson qu’il lui avait tant manqué.
Flash Back
20 décembre 2008
Noel approchait, et Kurt décida d’emmener Kay pour décorer l’appart. A part un petit Bonzaï avec 6 boules de noël, l’appart était livide.
« - Alors ma petite Kay, tu viens ?
- J’arrive ! Je vais juste… »
Il entendit un grand BAAM, un craquement et un « Putain de meeeeeeeeeerde… »
- Quoi ? Qu’est ce que t’as cassé ?
- Kurt, Kurt… Je suis trop désolée. Putain j’suis trop maladroite. Merde je m’en veux. Je suis trop désolée.
Il vit sa guitare, complètement pétée sur le sol. Kay essayait de la réparer, mais rien à faire.
- Kay laisse, c’est bon, elle était vieille, elle me rappelait que des mauvais souvenirs. Je m’en achèterais une nouvelle.
- Non, non. Je vais la réparer… J-je… dois.
Elle commença à pleurer. Qu’est-ce qu’elle pouvait se mettre dans ces états. C’était rien. Juste une vieille guitare que son père lui avait léguée.
Il s’agenouilla à ses cotés pour la consoler. Depuis bientôt 3 mois, elle pleurait pour tout et pour rien. Non ce n’est pas vrai. Elle pleurait dès qu’elle faisait une faute, car elle se disait toujours que se serait mieux si elle serait morte. Beaucoup mieux pour tous. Mais elle se trompait. Énormément. Il la berçait pour qu’elle se calme. Rien à faire. Kurt se mit à chantonner une chanson, d’habitude ça marchait toujours.
« What else should I be? All apologies. What else could I say? Everyone is gay. What else could I write? I don’t have the right. What else should I be? All Apologies. »
Kay.
Nulle, je suis nulle. Une grosse conne qui casse tout. Fait chier il y tenait. Les larmes coulaient sur mes joues et je ne pouvais les arrêter. Tout allait de travers. Quelle merde. Je fus, comme d’habitude, secouée par mes sanglot incessants, et Kurt, à sa bonne habitude, commença à chanter ma chanson préférée. Mais rien à faire. Nous restions là encore longtemps, il ne s’arrêtait pas. Quand mes sanglots s’apaisèrent un peu, Kurt me porta jusqu’à ma chambre. Trop sonnée pour réagir je le laissais faire. Il me déposa doucement dans mon lit et m’enroula dans la couverture. Quand il essaya de partir je l’en empêchais de toutes mes faibles forces. Il me regarda et me sourit. S’asseyant sur le lit, adossé au mur, il m’attira vers lui et me berça un long moment en silence. Sa main, rassurante, caressait mes cheveux. Je fermais les yeux.
Quand je me réveillais, j’étais dans les bras de Kurt, Je me levais très doucement pour ne pas le réveiller. Allant dans la cuisine, je me fit un petit café et décida de partir acheter les affaires de Noël sans Kurt, chose qu’on aurait déjà du faire hier. Je détestais noël. Trop de lumière, de trucs qui brillent. Trop de familles heureuses. Mais il fallait bien faire plaisir à Kurt. J’achèterais aussi une guitare, bien que, celle que j’avais cassée la veille était irremplaçable. Je sortis de la maison et partis pour le centre ville. Il neigeait. J’aimais la neige. Mais pas Noël. Beerk. Quand j’arrivais enfin au centre ville, je rentrais dans le premier magasin de musique que je trouvais. Rien d’assez bien pour Kurt. Je cherchais encore un long moment. Très long moment. Je réalisais, que j’étais dans la lune, je pensais à rien enfaite. Chaque image qui passait dans ma tête s’effaçait aussitôt. Un nouveau magasin de musique. Je regardais la vitrine. La voilà. C’est celle là qu’il me faut pour Kurt. Quand je l’eus payée, je sortis du magasin et…
Me trouvais face à un accident. Des ambulances, une voiture jaune complètement écrasée contre une voiture bleue qui m’était légèrement familière. Très familière. Trop familière.
- Kaaaaaaaaaaay !
- S’il vous plaît, monsieur couchez vous, vous avez peut-être des gaves blessures internes.
- JE MEN FOUT ! KAY REGARDE MOI !
Je tournai la tête et vit Kurt dans un très sale état. Avec ma vue qui se brouilla de plus en plus, j’accouru vers lui. Assis sur le brancard il se débattait pour me prendre dans ses bras. Et s’il ne me pardonnerait jamais, pour sa guitare ? S’il me quittait maintenant, saura-t-il à quel putain de point je l’aime ? Est-ce qu’il me détestait quand même. Me laissera-t-il seul ?
- Kay, tu sais bien que je t’aime énormément, me dit-il comme s’il avait lu dans mes pensées. Alors fait attention à toi. Je te pardonne pour la guitare, c’est rien.
C’était une répétition, un film que j’avait déjà vu. Un film horrible. Horrible. -
- Non, tu n’as pas le droit, lui criais-je, les larmes coulant le long de mes joues.
- Chuut, Kay, tout va rentrer dans l’ordre. Vas au KZ, va voir James, Emilie, Angela, Gabriel. Dis-leur que je les aime. Vas-y.
Il me serra très fort. Je fis de même, cherchant son réconfort. Mais il ne bougeait plus, on me l’arracha des bras, et deux énormes barres de fer m’emprisonnèrent avec une force surhumaine. Du peu que je voyais, Kurt fut couché sur le brancardier. On lui faisait un massage cardiaque, mais il ne bougeait plus. Mon Kurt ne bougeait plus. Il était mort. Mort. Je me laissais tomber par terre. De toute façon tout ne servait plus à rien, s’il lui n’était plus. Rien du tout. J’entendis des voix avec beaucoup de peine, avec tout ce tohu-bohu.
- Il n’a plus de pouls.
- Laisse-le, ça ne sert plus à rien.
- Heure du décès : 13h52.
C’était la fin, la fin de tout. La fin de Kurt, Donc la mienne aussi. Il était tout ce qui me retenait ici. Tout devint flou. Je sombrais dans le noir.
Kay se réveilla. Ce n’était qu’un rêve. Il faisait nuit, et pourtant, quelqu’un la portait dans son lit.
- Tu es à la maison, ne t’inquiète pas.
On déposa un baiser sur son front. Elle referma les yeux. Un chuchotement se fit entendre. Mais a seule chose qu’elle entendait, c’était les paroles de la chanson. On la déposa dans des draps froids. Elle sentit un souffle contre sa joue, comme hésitant, avant que des lèvres l’effleurent. Etais-ce Kurt? Si oui, il allait partir, comme Fred.
- Kurt?
Silence.
- Kurt, c’est toi?
- Oui.
- Kurt, reste, je t’en supplie.
Il s’assit près d’elle et lui prit la main, lui caressa les cheveux.
- Dors, Kay. Tu est à la maison, ça va aller.
Il resta là. Kay s’endormit.
Adam lui lâcha la main et parti. Oui, il lui avait menti. Mais pour son bien. Oui, c’était pour son bien. Manue l’attendait, quand il ferma la porte. Elle le fusillait du regard, les bras croisés. Elle marcha vers lui et le gifla. Adam garda son calme.
- Why, Adam? Why? Give me a reason.
Adam fixait le sol, avant de répondre faiblement.
- Personne ne mérite la souffrance qu’implique l’absence d’un frère. Personne.
Une larme coula sur sa joue. Il l’essuya aussitôt, gêné, et reparti. Mais Manue le retint.
Elle caressa sa joue, où elle avait frappé il y avait deux secondes, avant de le prendre dans ses bras et d’y déposer un baiser.
Car il avait raison. Personne ne mérite la souffrance qu’implique l’absence d’un frère. Personne.
Ce à quoi vous devez vous attendre dans le prochain chapitre? ça.